LA PREVENTION DE LA MIGRATION IRREGULIERE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO : LA MAISON DES CONGOLAIS DE L'ETRANGER ET DES MIGRANTS
Les migrations sont un phénomène naturel qui a de tout temps contribué à la structuration et au développement des sociétés humaines. Qu'il s'agisse du nomadisme pour les peuples pasteurs ou des migrations actuelles, tant pour les pays de départ que d'accueil, surtout lorsqu'elles sont régulières et bien organisées. Leur influence sur les pays d'origine, de transit et d'accueil varie pourtant en fonction de la conjoncture au niveau mondial qui, aujourd'hui, n'est plus la même que lors des années passées.
Les migrations irrégulières représentent quant à elles un phénomène complexe qui comprend le passage irrégulier des frontières, le séjour irrégulier sur un territoire, le trafic de migrants et la traite internationale des personnes. Cela pose des problèmes en matière de droits humains. Ainsi, ce phénomène est-il inextricablement lié aux disparités économiques et aux différences de développement entre les États. En même temps, le recours à la migration irrégulière constitue une atteinte au pouvoir de chaque État de réglementer l'entrée des ressortissants étrangers et d'appliquer les règles sur l'immigration qui sont établies par ses lois nationales.
S'il est vrai que la migration irrégulière est un domaine de la gestion migratoire qui préoccupe les pouvoirs publics dans le monde entier, une politique axée essentiellement sur les migrations irrégulières peut éclipser partiellement les retombées positives possibles d'une gestion correcte du phénomène, tant pour les migrants que pour les sociétés.
Au nombre des ripostes légitimes des États face aux migrations irrégulières figure la mise en place d'un système d'immigration plus strict. Mais s'il s'agit de la seule réponse au phénomène migratoire, elle incitera sans doute davantage de personnes à s'adresser à des passeurs clandestins ou à des trafiquants, accroissant par là même, la vulnérabilité des migrants. Il est avéré que le trafic illicite peut conduire rapidement à l'exploitation, à la traite et nuire à la sécurité en raison des liens qui unissent les trafiquants à la criminalité organisée, à la violence et à la corruption.
Le trafic illicite de migrants équivaut , d'une façon générale, à organiser délibérément, en violation des lois ou des règlements, ou à faciliter le franchissement de frontières internationales par des personnes pour en tirer un avantage financier ou autre. Cette description, pleine de bon sens, est un concept utile qui a été développé dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, adoptée en novembre 2000 par l'Assemblée générale des Nations Unies, et soumise à la signature des États membres en décembre 2000, à Palerme.
Ce ne sont pas les migrants introduits clandestinement, même s'ils sont nombreux, qui constituent la menace la plus grave de ce trafic, mais la montée en puissance des réseaux du crime organisé et leur capacité à contourner les systèmes de gouvernance.
A la différence du trafic des migrants, la traite des personnes est une violation grave des droits de l'homme. Elle repose sur la servitude pour dette imposée par les trafiquants à leurs victimes pour qu'elles les remboursent de leurs frais. Dans les conditions caractéristiques de la traite, il est extrêmement difficile aux victimes de s'échapper et de dénoncer le système qui les a piégées.
La traite des personnes peut amener ou non à franchir des frontières internationales. Contrairement au trafic illicite de migrants, la traite peut survenir à l'intérieur des frontières d'un pays et n'avoir qu'une portée nationale ; ses causes sont diverses et variées, et elles diffèrent selon qu'il s'agit de pays d'origine ou de destination.
La traite touche à certains aspects de la migration, de l'emploi, des rôles joués par les hommes et par les femmes et de la criminalité. En conséquence, de nombreuses organisations intergouvernementales et non gouvernementales, investies de mandats divers, participent soit au débat sur les questions relatives à la traite, soit à la mise en œuvre d'activités de lutte contre celle-ci.
Ce qu'il faut savoir :
- La traite des personnes est un crime insuffisamment connu. Cette carence tient au peu d'importance accordée par les autorités de nombre de pays à ce problème. La législation fait souvent défaut ou elle est inadéquate, voire non appliquée ; il est donc extrêmement difficile et souvent impossible de poursuivre des trafiquants. Les quelques recensés sont ceux dont la potentielle victime se plaigne pour abus de confiance dans la mesure où elle a remis de l'argent au trafiquant qui n'a pas réussi à la faire migrer.
- La traite devrait être considérée comme une suite d'opérations, qui commence par le recrutement et finit par l'exploitation du travail de la victime. Elle se caractérise essentiellement par la contrainte, possible à tout moment du processus, et par l'exploitation qui débute, généralement, une fois la victime «mise au travail».
- Le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, complète la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, et définit de façon complète et détaillée la traite des personnes. Cette définition peut se résumer comme suit :
Le recrutement, le transport, le transfert, l'hébergement ou l'accueil de personnes par la menace ou le recours à la force ou d'autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d'autorité ou d'une situation de vulnérabilité ou par l'offre ou l'acceptation de paiements ou d'avantages pour obtenir le consentement d'une personne ayant autorité sur une autre aux fins d'exploitation. L'exploitation comprend, au minimum, l'exploitation de la prostitution d'autrui et d'autres formes d'exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l'esclavage ou les pratiques analogues à l'esclavage, la servitude ou le prélèvement d'organes. Le consentement d'une victime de la traite des personnes à l'exploitation envisagée est indifférent lorsque l'un quelconque des moyens énoncés ci-dessus a été utilisé.
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Cette définition internationalement agréée comporte cinq éléments :
- le recrutement (fausses offres d'emploi, enlèvement, achat d'une personne, etc.),
- le transport des victimes de la traite,
- la contrainte physique ou morale et/ou une offre trompeuse,
- l'exploitation du travail d'une personne, en tant que but ultime,
- l'absence d'un consentement donné en connaissance de cause.
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Pour comprendre la nature de la traite, il importe d'appliquer cette définition et de dissiper une idée fausse, que se font certains responsables gouvernementaux, selon laquelle bon nombre des victimes de la traite savaient dès le début du processus qu'elles travailleraient, par exemple, dans l'industrie du sexe, et qu'en conséquence, la traite à proprement parler n'existe pas. Il se peut qu'une personne comprenne le type de travail qu'elle aura à accomplir, mais elle ignore qu'elle ne sera pas rémunérée, qu'il y aura contrainte, que le travail sera accompli dans des conditions inacceptables, et qu'elle sera privée de toute liberté de mouvement. Dans ces circonstances, le fait que la victime potentielle accepte de travailler, par exemple, dans l'industrie du sexe, n'enlève rien au crime de traite de personnes ni à la gravité de l'atteinte aux droits de l'homme qu'il implique.
Les conséquences de la traite des personnes sont diverses et variées ; elles touchent les victimes et les pays concernés à divers titres.
S'agissant des victimes, la première conséquence importante se situe au plan d'une violation grave des droits de l'homme. Elles font quotidiennement l'objet de contraintes, de mauvais traitements et de violence physique ou morale. Par ailleurs, elles sont souvent traitées comme des criminels par les fonctionnaires des pays de transit ou de destination au motif de leur présence illicite dans le pays et de leur statut de travailleurs ou de professionnels du sexe en situation irrégulière.
Étant donné le type de travail et/ou les conditions de travail qui leur sont imposées, les victimes sont souvent exposées à des risques de maladies graves, maladies sexuellement transmissibles ou mentales entre autres, ou aux dangers qu'elles comportent. Bon nombre de victimes, lorsqu'elles rentrent au pays, éprouvent des difficultés de réinsertion en raison de la discrimination et de la stigmatisation dont elles font l'objet par suite du travail accompli à l'étranger ou de l'échec de leur tentative de migration.
Les conséquences sont également graves pour les pays d'origine, de transit ou de destination. La progression des migrations irrégulières dans les pays de transit et de destination en est une. La présence d'organisations criminelles qui se livrent notamment au trafic de stupéfiants, au vol, à l'exploitation de la prostitution et à d'autres activités criminelles faisant appel à la violence, en est une autre.
Les stratégies visant à contrecarrer les migrations irrégulières : Les États peuvent vouloir faire régresser la migration irrégulière à la fois pour limiter le nombre de migrants en situation irrégulière qui entrent ou transitent dans le pays, et pour affaiblir ou éliminer les criminels qui se livrent au trafic illicite, à la traite ou à d'autres activités criminelles, notamment celles passibles de la peine de mort. Faire reculer la migration irrégulière peut également donner plus de sécurité aux migrants et aux candidats migrants en les tenants à l'écart de personnes peu soucieuses de leur bien-être et prêtes à utiliser la force et la violence pour atteindre leur but.
Les stratégies visant à contrecarrer les migrations irrégulières peuvent aussi traiter des causes à la base de ce phénomène et resserrer les liens qui existent entre la migration, le développement économique et social des pays d'origine. S'il est vrai que tous les pays de destination n'associent pas leur politique migratoire à leur aide aux pays les moins développés, cependant une tendance dans ce sens se fait jour en vue de réduire le pouvoir d'attraction de la migration économique.
Les moyens de lutte contre les migrations irrégulières sont notamment :
L'amélioration des conditions de vie, l'amélioration de la sécurité humaine, la communication / information, les partenariats, dialogue et recherche en matière migratoire, formation des autorités en gestion de la migration et soutien en vue du retour.
L'amélioration des conditions de vie
Le monde fait face à une crise financière qui n'épargne aucun pays et cela pourrait être aggravé si les gouvernements n'arrivent pas à protéger les droits de milliers de migrants, dont les envois de fonds aident leurs pays d'origine à amortir l'impact de la crise financière.
Avec la récession mondiale, le chômage a augmenté dans certains pays. A ce sujet, parlant de la RDC, un communiqué remis à l'ACP à l'issue d'une réunion de concertation entre l'Assemblée provinciale et le gouvernement de la province du Katanga, indiquait qu'au moins 300.000 personnes pourraient perdre leurs emplois à la fin de l'année 2008 à la suite de la fermeture de certaines entreprises.
Il serait donc naïf de penser que la crise en cours n'aura pas de conséquences sur les flux migratoires. Au contraire, nous assistons de plus en plus à une augmentation des migrations légales et mais aussi illégales. Des dizaines de milliers d'habitants des pays en voie de développement fuient déjà la misère, souvent au prix de la violence, de l'extorsion d'argent et de la mort aux mains de passeurs et de trafiquants.
Au tant, il y a hausse du chômage dans les pays de l'immigration, il y aura aussi augmentation de demande d'emploi, avec comme danger que la xénophobie domine sur les critères de qualifications. En outre, la crise risque de toucher spécifiquement les employés immigrés non pas parce que les employeurs procéderaient à des licenciements sélectifs, même si cela peut se produire, mais parce que les immigrés sont surreprésentés dans les secteurs susceptibles de subir de fortes fluctuations conjoncturelles: construction, hôtellerie-restauration, services… Ainsi que dans les emplois à l'intérim ou à temps partiel. Or, ce sont les premiers à être licenciés quand la conjoncture est moins bonne. Pour les immigrés dont le titre de séjour dépend de leur permis de travail il est possible qu'ils se retrouvent rapidement en situation irrégulière.
D'où les Etats doivent travailler pour créer et promouvoir l'emploi mais aussi les investissements de sorte que leurs citoyens ne soient tentés d'exposer leur vie ou fortune à la destruction à cause d'un mauvais choix.
Les dispositions à prendre pour garantir l'accès à l'information
Un grand nombre des victimes de la migration irrégulière affirment être ignorantes de la procédure de migration. Que par conséquent, pour ne pas perdre leur finance, elles confient leur capital à une tierce personne qui se présente comme ayant la maitrise de la procédure de migration. Il est donc temps que dans les écoles, les universités et instituts supérieurs qu'ils soient inscrits les cours traitant de la migration, que les chaines de télévisions inscrivent dans leur grille de programmes des émissions sur la migration. Au milieu de cette crise financière internationale, les victimes de la traite de personne se multiplieront si la population n'est pas suffisamment informée et sensibilisée. L'objectif pour nous autant la majorité des congolais dans les grands connaissent les différentes marques de bière, autant elle doit avoir désormais à sa portée le maximum d'informations sur les dangers de la migration irrégulière et les voies de la migration régulière.
Les améliorations apportées aux documents personnels des migrants, notamment les titres de voyage et les documents à usage interne
L'adoption de mesures tendant à améliorer l'intégrité des caractéristiques de sécurité des pièces d'identification et des titres de voyage, ainsi que de nouvelles techniques d'enregistrement et de vérification de l'identité des passagers et des migrants, se généralisent. Plusieurs pays ont institué, ou projettent de le faire, de nouveaux permis de séjour de remplacement et d'autres moyens d'identification qui intègrent des codes spéciaux lisibles électroniquement et résistent mieux à la contrefaçon. Ce type de document peut offrir davantage de garanties lorsqu'il s'agit d'identifier une personne et de confirmer qu'elle est le titulaire authentique du permis. Cette méthode recourt, en partie, à une technique permettant l'identification grâce à la biométrie – données personnelles uniques telles que la structure faciale, la géométrie des mains, les empreintes digitales ou les caractéristiques de l'oeil humain – pour authentifier l'identité des personnes. Les officiers d'état civils sont invités à redoubler d'attention avant de délivrer les actes d'état civil. Ils doivent observer scrupuleusement la loi relative à la délivrance desdits actes. En matière de mariage, surtout de sujet étranger, organiser une publicité radio-télédiffusée dans la mesure du possible…
Les limitations applicables au travail illicite
Nombreux sont les migrants en situation irrégulière entrés légalement dans un pays qui, ensuite, sont devenus clandestins pour être restés plus longtemps que leur visa ne les y autorise ou pour avoir contrevenu aux dispositions en matière d'autorisation de séjour.
Le trafic illicite de migrants, tel que défini dans le Protocole, peut englober ce qui est fait pour faciliter le séjour non autorisé d'un migrant dès lors que sa situation devient irrégulière. Pour limiter ce type de migration irrégulière, et, partant, le pouvoir des réseaux de migration clandestine de la faciliter, les pays de destination adoptent des mesures plus strictes pour que les migrants sans permis de travail trouvent plus difficilement à s'employer.
Les employeurs qui embauchent des migrants en situation irrégulière sont au centre de l'attention, leurs responsabilités sont étendues et leur culpabilité est alourdie.
L'ouverture de filières de migration légales et aménagées
Les moyens illégaux d'immigrer, y compris le recours aux services de passeurs clandestins, deviennent une option par défaut lorsque manquent les moyens légaux d'immigrer ou de trouver un emploi. Il semble indéniable que les migrants en quête d'un emploi qui entrent illégalement dans des pays de destination développés, jouent un rôle important, voire essentiel, dans la marche de l'économie de ces pays.
Les filières légales de migration vers des pays économiquement développés devraient être élargies en vue de trouver une solution globale au problème de la migration clandestine. Ces filières doivent s'appuyer sur de solides stratégies de gestion pour orienter les flux migratoires. Les mesures visant à gérer et à orienter les flux migratoires peuvent atténuer l'envergure du trafic illicite de personnes en créant des options réalistes au sein de systèmes légaux et gérés. Ces systèmes concourent également à maintenir les migrants dans la légalité et aident, en conséquence, de manière non négligeable, à garantir le respect des droits de l'homme fondamentaux.
LES STRATEGIES DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO POUR LUTTER CONTRE LA MIGRATION IRREGULIERE
Afin de lutter contre ce phénomène le gouvernement Congolais a levé plusieurs options notamment :
Remplacer les passeports non biométrique par des passeports biométriques ;
Créer un cadre permanent d'échanges d'informations et d'assistance aux migrants, c'est la Maison des Congolais de l'Etranger et des Migrants.
La RD Congo dispose depuis le 05 février 2007 d'un Vice-ministre chargé de l'encadrement des congolais de l'étranger, S.E Madame Collette TSHOMBA.
Faisant siennes les préoccupations des Congolais de l'Etranger, qui se sont toujours crus abandonnés par leur mère-patrie, Madame Collette TSHOMBA a, aux termes des contacts de proximité qu'elle a pris, à la suite du Chef de l'Etat, SE Joseph KABILA KABANGE, avec la diaspora congolaise, organisé du 30 juillet au 02 aout 2008 à Kinshasa, les premières assises nationales des congolais de l'étranger, desquelles ont découlé plusieurs recommandations parmi lesquelles figure la création d'un cadre permanent d'échanges d'informations et d'assistance aux migrants, dont la Maison des Congolais de l'Etranger et des Migrants (MCDEM) constitue l'émanation.
Ce cadre qui a été voulu comme une maison au sein de laquelle les migrants potentiels ou réels peuvent désormais trouver gratuitement toutes l'assistance dont ils ont besoin pour la réalisation de leurs projets migratoires, a été ouvert au public le 09 février 2009 par le Ministre des Affaires Etrangères, S.E Monsieur Alexis Tambwe, Mwamba, en présence de ces collègues ministres, chefs de missions diplomatiques et consulaires, du Chef de Mission de l'OIM , d'une délégation de la confédération Suisse invitée pour la circonstance ainsi que d'autres invités de marques.
Avant de vous présenter la MCDEM, laissez-moi vous signaler que parallèlement à ce qui précède et en plus de différents projets et programmes exécutés par l'OIM (4 phases MIDA, MIDA Santé…), la RDC a aussi au niveau de la société civile, des ONG qui s'intéressent à la problématique « Migration et Développement », notamment le Groupe de Travail Migration et Développement (GTMD), une composante thématique du Conseil National des ONGD.
Le GTMD travaille en partenariat avec certaines organisations des Migrants basés en Europe pour assurer le transfert des compétences et des ressources du Nord vers le Sud. Ces organisations sont regroupées en fédération des congolais de l'étranger.
Il se dégage de cette expérience que la RDC favorise le travail en synergie entre l'Etat et la société civile en matière de gestion de migrations. Cette affirmation se vérifie davantage dans les activités et les stratégies d'intervention de la MCDEM. Cependant, une question se pose par rapport à l'opportunité de « construire une maison pour les congolais de l'étranger »
C'est pour répondre à cette préoccupation que j'invite Mr Ibrahim à nous présenter la MCDEM.
Présentation MCDEM :
La MCDEM est un projet du Ministère des Affaire Etrangères, financé par la Confédération Suisse et exécuté par l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM en sigle). Son siège se trouve au sein même du Ministère des Affaires Etrangères – sis Place de l'Indépendance - Commune de la Gombe - Kinshasa/RDC.
Pour tout contact, se référer au :
Tel: (+243)015165152 ou Mail: maisoncdem@gmail.com ; Site Web: www.mcdem.cd
SA PETITE HISTOIRE
Emanation de recommandations des premières assises nationales de congolais de l'étranger, tenues à Kinshasa du 30 juillet au 05 aout 2008, la Maison des Congolais de l'étranger et des Migrants a été ouverte au public le lundi 09 février 2009. Elle joue depuis lors le rôle d'un Centre d'assistance aux migrants. Elle constitue une adresse, une référence et un trait d'union entre les Congolais de l'Etranger.
Sa mission est essentiellement d'informer, orienter, conseiller et sensibiliser les migrants congolais et étrangers en matière de migration de développement (les conditions de vie et de séjour, l'accès au marché de l'emploi, la protection sociale et juridique, le système de Santé, les procédures d'asile, l'octroi des visas, les modalités d'études à étranger et en RDC, …).
Elle organise aussi des formations à l'intention des migrants sur la création et la gestion des micros- entreprises.
POUR VOUS SERVIR:
Un coordonateur s'assure que toutes vos attentes trouvent satisfaction au sein de la MCDEM ;
Un Chargé d'études et planification, reçoit vos propositions de projet de lutte contre la pauvreté, vous conseille et vous oriente vers les sources éventuelles de financement ;
Deux conseillers chargés de l'information et de la sensibilisation, vous informent sur les conditions de migration, les risques d'une migration irrégulière, les avantages d'une migration légale (procédures de voyage, trafic des migrants, traites des êtres humains,…)
Un chargé de la promotion économique, vous informe sur le climat général des affaires, les opportunités d'investissement fructueux, les conditions de création d'entreprises en RDC ;
Un Conseiller des migrants retournés, vous oriente par des conseils pratiques aux fins d'une réintégration réussie ;
Un webmaster reçoit vos suggestions et travaille pour la mise à jour régulière du site web.
Un chargé d'accueil et d'orientation, vous accueille à l'arrivée et vous présente différents services de la MCDEM et vous oriente vers le Conseiller ayant vos préoccupations dans ses attributions.
Un site web vous propose les informations sur les procédures de migration dans chaque pays, les informations sur les études et bourses d'études à l'étranger, les études sur les secteurs à investir en RDC, l'actualité sur la migration …
POUR QUI ?
La MCDEM s'adresse aux Congolais qui ont un projet d'expatriation et/ou d'entreprenariat, mais aussi aux organisations de base et aux ressortissants des pays tiers.
Elle travaille en collaboration avec les services consulaires des différents pays accrédités en République Démocratique du Congo pour garantir l'actualisation constante des informations relatives aux conditions de migrations dans leurs pays respectifs.
les Congolais de l'Etranger de retour au pays, en vue de s'y établir ou d'y investir ou encore en transit, trouveront également toutes les informations favorisant leurs investissements et/ou nécessaires à leur réinsertion.
IV HORAIRE DE TRAVAIL
La MCDEM accueille le public tous les jours ouvrables de 09.00 à 17 heures, sauf le samedi
Les congolaises et congolais de la diaspora comme ceux qui séjournent au pays ainsi que les migrants de toute autre nationalité sont invités à soumettre leur question relative à leur projet migratoire à la MCDEM qui lui réservera une suite satisfaisante et de la sorte nous pourrons éradiquer sinon réduire le phénomène migration irrégulière, promouvoir la migration régulière et développer la République Démocratique du Congo.
Me David LELU
Chef du projet
Exposé de la MCDEM lors de la campagne d'information et de sensibilisation à l'Université de Lubumbashi, contre la migration irrégulière et pour la promotion de la migration de développement.- |
Thème principal : « la migration et le développement économique de l'Afrique : Mythe ou réalité ?»
Messieurs les Recteurs des Universités et Instituts Supérieurs du Katanga (et/ou leurs délégués),
Messieurs les Secrétaires Généraux Académiques,
Mesdames et Messieurs les professeurs, Chefs de travaux et Assistants,
Chers camarades étudiants et distingués invités !
Au nom de la MCDEM, de l'OIM et de la délégation qui nous accompagne, je voudrais commencer par vous saluer et vous présenter nos remerciements parce que vous avez accepté, en dépit de vos multiples occupations, de nous consacrer un peu de votre précieux temps. Nous vous prions donc de trouver en ces mots l'expression de notre profonde gratitude.
Mesdames et Messieurs !
En guise d'introduction à notre rencontre de ce jour que nous voulons plus comme une réunion de travail visant l'exploration des possibilités de collaboration entre la MCDEM et l'intelligentsia de la Ville de Lubumbashi, aux fins de la réalisation de nos objectifs communs, nous vous invitons à cogiter avec nous autour du thème mentionné ci-dessus.
En effet, jusqu'il y a peu avant le début de la crise financière en cours, la migration était considérée comme un phénomène au centre de tous les débats ; un problème qui affecte aussi bien les Etats d'accueil des migrants, que ceux de leur origine et pour lequel, le même esprit de solidarité que celui qui régnait au lendemain de la seconde guerre mondiale s'imposait à tous , comme le rappelle l'article 1 er de la charte des Nations Unies. Mais, en raison de la crise et comme l'a si bien souligné le 05 novembre 2008 `a Paris, Monsieur Alain JOYANDET, Secrétaire d'Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie « cette solidarité s'exerce dans l'urgence entre les pays du nord ».
Les Etats du nord durcissent en effet, de plus en plus leurs législations en matière d'octroi de visa et de séjour des étrangers sur leurs territoires. Chaque jour qui passe des mécanismes nouveaux sont mis en place pour combattre l'immigration irrégulière afin de tirer mutuellement profit des migrations régulières. Dans certains d'entre ces pays, notamment en France, on pousse très loin jusqu' à proposer des titres de séjour `a ceux des migrants illégaux qui dénonceraient les passeurs et leurs filières d'immigration clandestine.
Sur le plan institutionnel, le gouvernement français par exemple, se propose d'afficher `a l'horizon 2010, une Aide Publique au Développement équivalente `a 0,5% du PIB, pour un effort budgétaire de 5% sur les trois prochaines années et passer ainsi de 3, 090 milliards d'euros `a 3,239 milliards d'euros. Tout ce dispositif a pour finalité apparente d'élever le niveau de développement des pays pauvres.
Sans présager de son désir de revoir à la baisse ses engagements de solidarité internationale, c'est cette approche qui s'impose malheureusement aujourd'hui `a la France et aux autres pays du nord, particulièrement ceux de l'Union Européenne. Que des projets et/ou programmes n'ont-ils pas été financés ces dernières années pour étudier, comprendre et expliquer le processus et la dynamique migratoire entre l'Afrique et l'Europe : les causes, et les itinéraires !
Il reste cependant vrai que l'aide au développement ne tarit pas les flux migratoires . Car, l'augmentation du niveau de vie encourage les migrations dès lors que les moins pauvres possèdent alors les moyens de quitter leurs pays.
Aussi paradoxale que cela puisse paraitre, il relève de la conscience collective que les migrations sont ancestrales. Berceau de l'humanité, l'Afrique a essaime' dans tous les continents. Cette réalité est plus forte que jamais aujourd'hui avec près de 200 millions de migrants dans le monde, dont près de 6 millions pour la seule RDC.
Au regard de l'importance de fonds transférés par ces migrants et de l'évolution rapide des investissements réalisés par eux dans les secteurs de l'immobilier ou du transport par exemple, la tentation devient trop grande chez de nombreux jeunes d'émigrer vers « l'eldorado » d'où proviennent ces transferts. Il devient dès lors difficile de freiner des flux migratoires générés par la publicité faite autour des réalisations de ces « nouveaux investisseurs ou promoteurs d'entreprises ».
En fait, les migrations jouent depuis plus d'une décennie déjà un rôle de rééquilibrage des échanges, par la mobilisation de l'épargne des migrants et la formation des élites. Leurs transferts des fonds et des biens (en valeur chiffrée) sont supérieurs aux flux de l'Aide Publique au développement, même si 80 % (de ces transferts sont destinés) à la consommation courante des ménages, au détriment des investissements productifs.
Face `a ce paradoxe, une question se fait jour : la migration peut-elle être un vecteur de développement en Afrique ? Si oui à quelle condition et si non pourquoi ? C'est un mythe ou une réalité ?
Le souci de répondre à ces questions nous a dicté de parcourir les politiques et/ou approches adoptées ces dernières années par certains pays et/ou organisations, autant que les mécanismes mis en place par ces Etats pour le soutien aux initiatives des migrants. Il résulte de ce parcours que la migration régulière est un vecteur de développement et la migration irrégulière une source de gâchis, de malheurs et d'incertitudes .
C'est pour nous en convaincre que nous nous sommes proposés, en ce mois d'avril, période correspondant dans notre plan de travail, au lancement de nos campagnes de sensibilisation dans les provinces, de venir d'abord à L'Université de Lubumbashi (UNILU) afin de découvrir avec vous, élites d'aujourd'hui et de demain, les expériences de certains pays et organisations régionales en matière de gestion de questions migratoires. Nous mettrons cependant, un accent particulier sur l'expérience de la RDC en la matière et les défis pour l'ensemble de ses 11 provinces. Ceci justifie donc le choix du plan de notre expose' en deux grands points à savoir :
Survol de quelques expériences de pays ;
Expérience de la RDC et les défis en matière de gestion migratoire.
Sans vouloir verser dans un débat purement méthodologique ou d'écoles, nous avons choisi la méthode analytique, appuyée par la technique documentaire, en vue de traiter de ces questions avec la participation de tous. S'agissant de la délimitation dans le temps, l'analyse de ce phénomène concernera les vingt dernières années.
Panel des expériences des pays et des organisations :
Pour des raisons d'ordre didactique, acceptez Mesdames et Messieurs que nous vous présentions à présent l'économie de l'échantillon des expériences et de contributions des diasporas africaines, retenues à cet effet :
L'expérience du Sénégal ;
L'expérience du Mali ;
L'expérience du Ghana ;
L'expérience du Cap Vert ;
L'expérience du Burundi ;
L'expérience du Cameroun ;
L'expérience du Kenya ;
L'expérience du Tchad ;
L'expérience du Benin ;
L'expérience de la Francophonie ;
L'expérience de l'Union Africaine ;
L'expérience de l'UNIFEM ; (et par rapport à ce qui précède) ;
L'expérience des USA (avec son Institut Millénium).
Messieurs les Recteurs des Universités et Instituts Supérieurs du Katanga (et/ou leurs délégués),
Messieurs les Secrétaires Généraux Académiques,
Mesdames et Messieurs les professeurs, Chefs de travaux et Assistants,
Chers camarades étudiants et distingués invités !
Mesdames et Messieurs à vos titres et qualités,
Permettez-moi de préciser avant toutes choses que les données constitutives du panel que nous avons l'honneur de vous présenter ce jour, proviennent de la synthèse des rapports de l'atelier organisé à Dakar au Sénégal, du 17 au 19 mars 2008, par IDEP/Sénégal, TRUST AFRICA et l'OIM, sur « la migration et le développement économique de l'Afrique » ainsi que du colloque organise' le 05 novembre 2008 à Paris, par la Fondation Concorde, autour du thème : « Réussir le développement solidaire France-Afrique ».
L'abondance de ces expériences et leur richesse intrinsèque démontre à suffisance la prise de conscience des gouvernements africains sur la précieuse contribution de leurs diasporas respectives au processus de développement de leurs pays d'origine.
C'est à ce titre d'ailleurs que le Président de la République Démocratique du Congo, Son Excellence Monsieur Joseph KABILA KABANGE déclarait déjà en janvier 2003 à Lubumbashi, devant l'Assemblée Législative et Constituante de la Transition :
« …puisque nous devons compter sur l'effort de chacun pour aller de l'avant, désormais, les congolais de la diaspora seront davantage appelés à apporter leur contribution pour la reconstruction nationale et garder spirituellement et matériellement, un lien fort avec la Mère-Patrie » .
Ceci dit, Je vous invite d'abord à découvrir avec nous l'économie de ces expériences et contributions des diasporas :
De L'expérience du Sénégal :
Nous avons retenu de cette expérience les éléments ci-après :
La compréhension de l'importance de la migration a conduit à la mise sur pied dans ce pays, d'une politique migratoire qui procède d'une approche sectorielle;
Cette politique prend en compte la migration Sud-Sud ;
Elle procède par l'octroi des crédits aux migrants ;
Le Sénégal partage son expérience avec d'autres pays ;
Il encourage la migration saisonnière, temporaire ou circulaire ;
Il favorise l'intégration des migrants sénégalais par voie de mariage entre les femmes sénégalaises et les étrangers, autant que l'achat des maisons dans les pays d'accueil ;
l'investissement des migrants dans le domaine de l'habitat dans leur pays d'origine « le Sénégal » ;
Il y existe un système de prélèvement d'un pourcentage sur le transfert des fonds pour appuyer les actions des migrants de retour dans leurs pays (`a travers des micros crédits) ;
Les migrants sont considérés comme des nouveaux investisseurs ;
Le Sénégal observe avec beaucoup d'attention le mariage entre un blanc et une femme étrangère (noire) migrée. C'est une source d'enrichissement pour un blanc. La question de la femme est au centre du débat, mais aussi la migration et la micro finance, la décentralisation et le genre, le développement local, etc. ;
Le transfert non monétaire n'est pas capitalise' ;
Une autre question très capitale est le transfert des religieux ;
Il existe un laboratoire genre et migration parce qu'il y a 16% de femmes migrées, en général des femmes seules.
Résultats :
A titre purement indicatif, il ressort de l'évaluation du programme de développement solidaire mis en place au Sénégal depuis 2005, ` a l'aide d'un budget global de 4 500 000 euros , les éléments ci-après :
Les Sénégalais souhaitant investir dans leurs pays d'origine sont aidés, puis suivis durant 12 mois. Jusqu'en novembre 2008, environ 200 promoteurs étaient soutenus et 800 emplois créés . Malheureusement, ces créations d'entreprises sont concentrées dans la capitale Dakar ;
La diaspora hautement qualifiée est mobilisée au point que ses migrants bien intégrés mettent `a disposition leur expertise. 800 sénégalais exercent en France des postes de responsabilité, dont une quarantaine a pu être mobilisée . C'est dans ce cadre par exemple, que le partenariat entre un enseignant-chercheur sénégalais de l'Université de Strasbourg et l'équipe de l'Université de pharmacie de Dakar a permis la découverte d'un nouveau médicament contre l'hypertension ;
L'appui au développement local des régions d'origine s'effectue par le financement des projets initiés par les migrants. 41 projets ont été mis en œuvre, financés à hauteur de 23 % par les migrants eux-mêmes . Grace `a cela, plus de 80 000 sénégalais bénéficient d'infrastructures sanitaires, plus de 80 000 personnes disposent d'un accès `a l'eau potable et plus de 5 000 élèves sont scolarisés dans des bonnes conditions ;
200 milliards de dollars sont transférés chaque année par la voie formelle, grâce auxquels un demi-milliard de personnes échappent à la pauvreté.
De l'expérience du Mali :
Mettant un accent sur le déficit de communication entre les émigrés et les communautés locales, le Mali recourt aux stratégies suivantes :
Le transfert de fonds des migrants est géré par un observatoire ad hoc ;
Des points focaux sont installés pour servir de maisons d'accueil des maliens de l'extérieur ;
Il existe au Mali un Centre d'information spécialisé ;
La sensibilisation de jeunes catégorisés en migrants potentiels, migrants de retour, étrangers (diaspora), associations et organismes est assurée.
Le résultat de cette approche est que le Mali est de plus en plus cite' avec le Maroc comme des pays africains ayant réussi `a mobiliser leur diaspora en vue de leur développement.
De l'expérience du Ghana :
Pour l'essentiel, le Ghana dispose d'une loi sur la nationalité qui permet d'identifier les migrants à travers le monde, de mettre en place un programme sur les jeunes et les femmes, d'avoir un programme de microcrédits et de lutter contre la migration illégale.
De l'expérience du Cap Vert :
Le Cap Vert œuvre pour la mobilisation des compétences de l'étranger, en organisant le retour définitif ou temporaire (sous la forme de missions a` courte durée). Il favorise aussi le renforcement des liens culturels chez les migrants.
De l'expérience du Burundi :
Le Burundi a organise' `a partir de 1972, plusieurs vagues migratoires vers l'Amérique du Nord (Canada, Usa, etc.). Mais, il reste malgré cela, comme d'autres pays de la région des grands lacs d'ailleurs, confronte' notamment aux difficultés ci-après :
fuite des cerveaux ;
persistance des conflits sociaux et des troubles politiques ;
taux élevé du chômage ;
pauvreté accrue ;
ravage du VIH/SIDA, etc.
De l'expérience du Cameroun :
Au Cameroun, la migration n'est pas une préoccupation officielle. C'est une affaire individuelle. Toutefois, le Cameroun reste une terre d'accueil ou d'hospitalité.
C'est un pays qui connait un flux migratoire important à l'intérieur ou vers l'extérieur, dû `a l'exode rural, `a la recherche du bien être, `a la professionnalisation pour les footballeurs et aux études.
Même si le gouvernement camerounais arrive `a apporter de l'aide aux étudiants évoluant `a l'étranger, notamment en Amérique Latine, on constate qu'il n'a pas des mesures incitatives pour le retour des migrants (qualifiés et non qualifies) et n'arrive pas encore `a capitaliser la présence des migrants`a l'étranger. Et pourtant, ceux-ci envoient beaucoup d'argent au pays.
De l'expérience du Kenya :
Le Kenya dispose d'une politique migratoire axée sur l'octroi des crédits et l'ouverture d'une maison d'études sur la migration. Cette politique encourage la production agricole, le transfert de fonds, l'implication des femmes migrantes ou refugiées dans l'économie des pays d'accueil et du départ, l'émergence de la miro finance, etc.
De l'expérience du Tchad :
Le Tchad reconnait la présence de la diaspora qualifiée `a travers le monde, surtout les jeunes et les politiciens, `a cause des conflits politiques à répétition. Il n'y a pas encore une politique claire sur la migration et le développement. Il existe cependant une cellule ad hoc au sein du gouvernement.
De l'expérience du Benin :
Il existe au Benin un observatoire national des migrants. Le Benin s'intéresse plus aux questions de la femme dans la migration et du statut social des travailleurs migrants.
De l'expérience de la Francophonie :
L'organisation Internationale de la Francophonie (OIF) mène un projet intéressant pour la mobilité des artistes et des intellectuels africains. Ayant pour acteurs la CEMAC, la CEEAC et la SADC, ce projet s'appuie sur les stratégies ci-après :
Libre circulation des biens et des personnes ;
Mise en place d'un système de collecte de données ;
Partenariat Etat, Institutions et Société Civile ;
Mise en place d'un cadre régional et sous-régional d'échanges et de réflexion pour la société civile ;
Réalisation des actions concertées au niveau de chaque pays.
De l'expérience de l'Union Africaine :
L'U.A. a en son sein un volet important consacre' `a la migration. C'est ainsi qu'elle a reçu des fonds pour appuyer des nationaux dans l'exécution des projets visant `a favoriser la prise en compte de la donne migration dans le développement. Aussi, le plan d'action de Ouagadougou a-t-il consacré beaucoup de temps `a la lutte contre la migration clandestine en Afrique et en Europe, car la problématique de la migration n'est pas `a sens unique : sud-sud. Elle est à la fois sud-nord et nord-sud.
De l'expérience de l'UNIFEM :
L'UNIFEM a relevé la question du trafic des jeunes filles pour leur exploitation dans les boutiques de sexe, des droits de la femme migrante et la capitalisation du travail économique de la femme migrante dans les pays d'origine, de travail et d'accueil. C'est à ce titre qu'il s'y se pose la question de la vulnérabilité de la femme migrante, souvent favorisée par la migration inter régionale.
Mesdames et Messieurs ! Après ce parcours et avant d'aborder l'expérience de la RDC et ses défis, jetons d'abord un regard sur l'expérience de ne-fut-ce qu'un pays non africain, retenu par hasard dans ce panel, pour une approche comparée d'expériences. Il s'agit vous vous en doutez de l'expérience des USA.
L'expérience des USA (Institut Millénium) :
Cette institution aide les réseaux de partenariat impliqués dans la migration, surtout dans les pays en conflit. Son approche est basée sur l'économie, l'environnement (changement climatique), la sante' et l'éducation.
Ses actions sont basées sur la méthode historique, le travail en groupe et individuel. Elles s'inscrivent toujours dans une planification stratégique de 5 ans pour le développement durable. Cet institut met toute sa compétence au profit des pays qui veulent élaborer un programme dans le domaine de migration et développement.
Voila` Mesdames et Messieurs les quelques cas qui ont été retenu par notre cellule d'études `a titre d'illustration. Ceci nous amène donc à nous interroger sur l'approche et/ou la politique ainsi que les mécanismes mis en place par la RDC par rapport à cette question. D'où l'examen de l'expérience de la RDC et de ses défis en matière de gestion de migration en un point II ci-dessous :
De l'expérience de la RDC et ses défis en matière de gestion migratoire :
Cadre conceptuel :
En plus de la Direction Générale des Migrations (DGM) et d'autres structures des Ministères s'occupant chacune de l'un ou l'autre aspect transversal à la migration, la RD Congo dispose, depuis le 05 février 2007, d'un Vice-ministre en charge de l'encadrement des congolais de l'étranger, nous citons S.E Madame Collette TSHOMBA.
Faisant siennes les préoccupations des Congolais de l'Etranger qui se sont toujours crus abandonnés par leur mère-patrie, Madame Collette TSHOMBA, aux termes des contacts de proximité qu'elle a pris avec la diaspora congolaise, `a la suite du Chef de l'Etat, S.E Monsieur Joseph KABILA KABANGE, a organise' du 30 juillet au 02 aout 2008 `a Kinshasa, les premières assises nationales des congolais de l'étranger, desquelles ont découlé plusieurs recommandations parmi lesquelles « la création d'un cadre permanent d'échanges d'informations et d'assistance aux migrants » , dont la Maison des Congolais de l'Etranger et des Migrants (MCDEM) est l'émanation.
Ce cadre qui a été voulu comme une maison au sein de laquelle les migrants potentiels ou réels pourraient désormais trouver gratuitement toute l'assistance dont ils ont besoin pour la réalisation de leurs projets migratoires, a été ouvert au public le 09 février 2009 par le Ministre des Affaires Etrangères, S.E Monsieur Alexis TAMBWE MWAMBA.
Avant de vous la présenter succinctement, laissez-moi vous signaler que parallèlement `a ces mécanismes et en plus de différents projets et/ou programmes exécutés par l'OIM (4 phases MIDA, MIDA Santé, GTTN : Migrations en Afrique de l'Ouest et Centrale : Profils Nationaux pour le Développement de Politiques Stratégiques,…), la RDC dispose aussi au niveau de la société civile, des ONG qui s'intéressent `a la problématique « Migration et Développement », notamment le Groupe de Travail Migration et Développement (GTMD en sigle), une composante thématique du Conseil National des ONGD ; le projet MAFE (Migration entre l'Afrique et l'Europe) qui a son siège `a l'UNIKIN, etc.
Le GTMD travaille en partenariat avec certaines organisations des Migrants basées en Europe pour assurer le transfert des compétences et des ressources du Nord vers le Sud. Ces organisations sont regroupées en fédération des congolais de l'étranger. MAFE est quant à lui un programme de recherche multidisciplinaire sur les migrations entre l'Afrique et l'Europe. C'est essentiellement une étude, mieux une enquête pour mettre en relation les migrations et les contextes économiques, l'évolution socio-historique et les grands événements politiques y compris la colonisation.
Il se dégage de ce qui précède que la RDC favorise le travail en synergie entre l'Etat et la société civile en matière de gestion de migrations . Cette affirmation se vérifie davantage dans les activités et les stratégies d'intervention de la MCDEM. Cependant, une question se pose encore par rapport à l'opportunité de « construire toute une maison pour les congolais de l'étranger »
C'est pour répondre à cette préoccupation que nous allons d'abord vous présenter la MCDEM, avant d'examiner les défis de la RDC en matière de gestion de migrations.
« Terme décrivant le mouvement d'une personne ou d'un groupe de personnes, d'une unité géographique `a une autre, par delà une frontière politique ou administrative, en vue d'une installation temporaire ou permanente, dans un endroit autre que son ou que leur lieu d'origine » : Glossaire des « Eléments essentiels de gestion des migrations », OIM, 2007, P.
11 , « Il n'y a que peu de pays au monde (voire aucun) qui ne soient pas concernés par la migration. Car chaque type de mouvement, qu'il s'agisse d'immigration ou d'émigration, forcée ou facilitée, s'accompagne de problèmes de gestion spécifiques » : Brunson McKinley, ex-DG OIM . 5 . le développement est entendu ici comme un processus dynamique, comme un ensemble d'efforts fournis pour lutter contre la pauvreté, la faim, la misère et l'ignorance.
Présentation MCDEM :
La MCDEM est un projet du Ministère des Affaires Etrangères, financé par le Gouvernement Suisse et exécuté par l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM en sigle). Son siège se trouve au sein même du Ministère des Affaires étrangères – sis Place de l'Indépendance - Commune de la Gombe - Kinshasa/RDC. Pour tout contact, voir :
Tel: (+243)015165152
Mail: maisoncdem@gmail.com
Site Web: www.mcdem.cd – comme indique' à la page 4 du prospectus qui vous a été remis par notre équipe de campagne.
SA PETITE HISTOIRE
Ouverte au public depuis le lundi 09 février 2009, la Maison des Congolais de l'Etranger et des Migrants est un Centre d'assistance aux migrants, une adresse, une référence et un trait d'union entre les Congolais de l'Etranger. Elle est l'émanation des recommandations de premières assises nationales des Congolais de l'Etranger, tenues à Kinshasa du 30 juillet au 02 aout 2008, et le fruit de la coopération entre les Gouvernements Suisse et Congolais (RD), avec l'appui technique de l'OIM.
Sa mission est essentiellement d'assister les migrants congolais et étrangers (potentiels ou réels), de les informer, les orienter, les conseiller et les sensibiliser en matière de migration de développement (les conditions de vie et de séjour, à l'étranger, l'accès au marché de l'emploi, la protection sociale et juridique, le système de Santé, les procédures d'asile, l'octroi de visa, les modalités d'études à étranger et en RDC, …). Elle ambitionne de devenir un creuset, si pas un centre de recherche national pour une gestion efficace des questions migratoires pour la RDC et l'ensemble de la Région de l'Afrique Centrale.
La MCDEM organise aussi en partenariat avec les organisations de base, des campagnes d'information et de sensibilisation sur les risques de la migration irrégulière, autant que des formations à l'intention des migrants sur la création et la gestion des micros- entreprises, doublées d'un financement pour quelques micros entreprises pilotes .
POUR VOUS SERVIR, il existe au sein de son personnel :
Un coordonateur qui s'assure que toutes vos attentes trouvent satisfaction au sein de la MCDEM ;
Un Chargé d'études et planification, qui reçoit vos propositions de projet de lutte contre la pauvreté, vous conseille et vous oriente vers les sources éventuelles de financement ;
Deux conseillers chargés de l'information et de la sensibilisation, qui vous informent sur les conditions de migration, les risques d'une migration irrégulière, les avantages d'une migration légale (les procédures de voyage, le trafic des migrants, la traite des êtres humains,…) ;
Un chargé de la promotion économique, qui vous informe sur le climat général des affaires, les opportunités d'investissement fructueux, les conditions de création d'entreprises en RDC ;
Un Conseiller des migrants retournés, qui vous oriente par des conseils pratiques aux fins d'une réintégration réussie ;
Un webmaster qui reçoit vos suggestions et travaille pour la mise à jour régulière du site web.
Un chargé d'accueil et d'orientations, qui vous accueille à l'arrivée, vous présente différents services de la MCDEM et vous oriente vers le Conseiller ayant vos préoccupations dans ses attributions.
Un site web qui vous propose les guides du migrant et de l'entrepreneur, le bulletin « les Racines », des forums, des annuaires et des études thématiques sur la migration et le développement, ainsi que des liens d'autres sites traitant de la migration.
POUR QUI ?
La MCDEM s'adresse non seulement aux Congolais disposant d'un projet d'expatriation et/ou d'entreprenariat, mais aussi aux entreprises, organisations de base, administrations, aux écoles et institutions d'enseignements supérieurs, ainsi qu'aux ressortissants des pays tiers.
Elle travaille en collaboration avec les services consulaires des différents pays accrédités en République Démocratique du Congo en vue de garantir l'actualisation constante des informations relatives aux conditions de migrations dans leurs pays respectifs.
les Congolais de l'Etranger de retour au pays, en vue de s'y établir ou d'y investir ou encore en transit, trouveront également toutes les informations favorisant leurs investissements et/ou nécessaires à leur réinsertion.
IV HORAIRE DE TRAVAIL
La MCDEM accueille le public tous les jours ouvrables de 09.00 à 17 heures, sauf le samedi.
Défis pour la RDC en matière de gestion des migrations :
Tels que constatés ces vingt dernières années en RDC, les défis s'articulent autour de deux éléments ci-après :
le déficit d'informations pertinentes sur les dossiers relatifs `a la migration , que ce soit au niveau des données statistiques ou bien de la connaissance des aspects administratifs et socio-économiques ;
la nécessité de promouvoir des conditions de migration correspondant aux demandes des pays d'accueil et aux pays d'origine , autant qu'aux besoins des migrants eux mêmes.
Tous les défis imaginables dans ce domaine tournent donc autour de la nécessité pour la RDC de faire de la migration de ses citoyens un facteur de développement économique et de ses migrants des véritables vecteurs de son développement intégral.
Pour atteindre cet objectif, il nous parait judicieux que le gouvernement central au niveau national et les gouvernements provinciaux au niveau local poursuivent la mise en place des mécanismes institutionnels, politiques et financiers ainsi qu'un dialogue fécond avec les congolais de l'étranger en vue non seulement d'orienter les efforts et l'épargne de ces derniers vers des secteurs productifs, mais aussi de mobiliser leur expertise .
Il nous parait aussi primordial aujourd'hui où la crise financière sévit dans la province du Katanga et dans d'autres régions du monde, de mettre en place des mécanismes d'incitation et de participation des migrants d'origine katangaise dans le processus de reconstruction de leur pays en général, et de leur province en particulier. Ainsi donc, les questions de migration pourraient désormais :
faire l'objet des débats politiques importants au sein de toutes les Institutions législatives du pays (Assemblée Nationale, Senat, Assemblées provinciales, etc.) ;
être placées au centre des discussions de la Société Civile et des groupes de réflexion dans toutes les provinces ;
être intégrées dans les programmes d'éducation nationale, particulièrement dans les programmes des cours des institutions d'enseignement supérieur et universitaire du pays.
C'est dans cette perspective que pour notre part, nous sommes venus à Lubumbashi, non seulement pour sensibiliser la population katangaise sur les risques de la migration irrégulière et les avantages de la migration régulière, mais aussi lui présenter une alternative à la migration irrégulière que constitue l'exploitation des opportunités locales pour lutter contre la pauvreté . C'est aussi dans cet optique que nous sommes venus explorer les possibilités d'implanter une représentation de la MCDEM à Lubumbashi et surtout, y relancer le débat autour de la nécessité de faire participer les migrants d'origine katangaise dans le processus de développement local de leurs régions d'origine.
Il n'y a de lieux à notre avis où un débat porteur autour de ces questions peut prendre racine et rejaillir sur l'ensemble de la société congolaise si ce n'est qu'ici à l'Université, berceau du savoir. Cependant, ce débat ne pourra être possible sans la contribution positive de l'intelligentsia congolaise que vous représentez dans cette salle de la faculté des lettres, Mesdames et Messieurs.
Produits de l'Université de Lubumbashi, nous croyons mon collègue et moi, avoir ainsi contribue' à l'effort de recherche commune des solutions à nos problèmes et surtout, à la restauration de l'espoir de notre peuple auquel nous devons tous dire à haute et intelligible voix, que c'est possible de réussir sans fuir le pays ou sa province, c'est possible aussi d'entreprendre et de créer des emplois en dehors des entreprises minières, les fameuses « mining ».
Pour terminer, je voudrais emprunter une anecdote à l'ex-Président Nelson MANDELA qui disait une fois, je cite: « la vision sans action reste seulement un rêve, l'action sans vision fait souvent passer le temps, mais l'action avec vision peut changer le monde » et j'ajoute, peut nous faire sortir de la crise actuelle .
En effet, une vision définissant une politique claire en matière de gestion des migrations, assise sur des lois et des mesures d'encadrement efficaces (des cadres organiques régissant le fonctionnement des services appelés à gérer les flux migratoires), appliquée par des structures appropriées à l'instar de la MCDEM, sont autant de mécanismes capables d'assurer la mobilisation des congolais de l'étranger pour la reconstruction de leur pays, provinces, villes et villages d'origine. Dans ce cas, le développement économique de l'Afrique à l'aide de la migration ne sera plus un mythe, mais plutôt une réalité.
Ceci dit, je vous remercie pour votre attention et reste à votre disposition entière disposition, pour des éventuelles questions.
Présenté à l'UNILU, le 13 avril 2009,
Par Ibrahim bin ANGALI
Assistant Coordonateur & Chargé
d'Etudes et Planifications/MCDEM
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