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La MCDEM invitée de l'émission « Parole aux auditeurs » de la Radio Okapi de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) du mercredi 16 septembre 2009.
Depuis son implantation le 09 février 2009, la Maison des Congolais de l'Etranger et des Migrants (MCDEM) milite pour l'émergence en RD Congo d'un débat citoyen sur l'un des phénomènes majeurs du débat public actuel que constituent « les migrations ». Cette démarche procède d'un triple objectif à savoir :
a méliorer les connaissances collectives sur les phénomènes migratoires et ses enjeux globaux dans la mondialisation ;
en maximiser les dividendes en faveur des pays d'accueil, des pays d'origine et des migrants eux-mêmes ;
accélérer l'élaboration et la mise en œuvre en RD Congo, d'une politique migratoire nationale et régionale efficace, capable de donner des réponses aux nombreux défis dans les domaines variés de la gestion de la migration, notamment les questions liées à la diaspora (le transfert des compétences), la maximisation et l'utilisation productive des transferts d'argent, les politiques de retour, la fuite de cerveaux, l'offre excédentaire et les pénuries identifiées de travailleurs qualifiés par secteur et profession, la mobilité de travailleurs, la migration légale, le phénomène de déqualification, la migration irrégulière, etc.
Cet appel de la MCDEM trouve progressivement d'échos auprès des médias, dans les institutions de l'enseignement et dans le mouvement associatif congolais, où l'équipe de campagne de la MCDEM est régulièrement invitée tantôt pour participer aux émissions-débat à téléphone ouvert, tantôt pour animer une conférence ou alors pour informer et sensibiliser la population sur les risques de la migration irrégulière et la promotion de la migration de développement. Aussi, la participation active du public aux activités organisées autour de ces questions dénote de l'intérêt porté par les différentes couches de la population à ce débat et partant, à la résolution des problèmes qui en résultent.
C'est dans ce contexte que le Coordonnateur de la MCDEM, Monsieur Donat MBIZI et son Assistant chargé d'Etudes & Planification, Monsieur Ibrahim bin ANGALI ont été les invités de l'émission « Parole aux auditeurs » de la Radio Okapi de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) du mercredi 16 septembre 2009 qui a porté sur la « problématique de l'apport des Congolais de l'Etranger dans le processus de reconstruction du pays ».
A ce sujet, il convient de retenir notamment, qu'en dépit des divergences observées dans les opinions des uns et des autres, il est admis que l'évaluation de la contribution de la diaspora congolaise dans le processus développement du pays relève d'un défi tant pour le gouvernement que pour tous ceux qui œuvrent dans le champ des migrations et du développement .
A ne considérer qu'un des aspects de cette contribution, le transfert de fonds de congolais vivant à l'étranger par exemple, on se rend facilement compte que, nonobstant le fait qu'il soit estimé actuellement à plusieurs millions, leur apport à la reconstruction du pays reste à peine perceptible à cause notamment de :
la difficulté de produire des données sur le montant des fonds envoyés par les émigrants congolais du fait que la revue de la littérature à cet effet ne présente que des analyses qualitatives et rarement des données chiffrées s'étalant sur plusieurs années. D'autre part, même des sources de données fiables comme le site web de la Banque mondiale ou celui de la Conférence des Nations Unies sur le commerce (CNUCED) comportent des vides en ce qui concerne les données sur les transferts de fonds de la diaspora congolaise.
Il reste néanmoins admis que les transferts de fonds réalisés par des canaux informels et donc, non documentés, seraient beaucoup plus importants que les transferts de fonds officiellement enregistrés par les canaux formels. En effet, « selon les données statistiques disponibles concernant les transferts officiellement enregistrées par la Banque Centrale de la RDC en 2004, les fonds entrants se sont élevés à 96 820 000 USD pendant que les fonds sortants de la RDC vers l'extérieur étaient de l'ordre de 40 910 000 USD (De Bryun, et al, 2006). Selon la Banque Centrale du Congo, le contrôle pièce effectué à partir des données statistiques disponibles révèle un flux global de transferts entrants de 130 308 838 USD contre 67 624 496 USD de transferts sortants, soit un flux net de 62 684 342 USD en faveur du pays en 2007, représentant le double des flux nets enregistrés en 2006 et le triple de ceux de 2005).
l'affectation de l'essentiel de ressources transférées (environ 80% dans les grandes villes Kinshasa et Lubumbashi) aux dépenses de consommation courante de ménages au détriment des investissements productifs ; etc.
Il apparait dès lors impérieux de canaliser cet important flux de capitaux vers des canaux officiels de manière à permettre l'enregistrement de leur traçabilité. De même, l'adoption des mesures incitatives et d'encadrement de l'apport des congolais de l'étranger contribuera non seulement à la visibilité des investissements de la diaspora congolaise, un facteur d'encouragement pour ceux des congolais de l'étranger qui hésitent encore, mais aussi à orienter ces investissements vers des secteurs productifs.
C'est à cette fin que la MCDEM a organisé du 19 au 20 août 2009 à Kinshasa, le forum économique de la diaspora congolaise et pour laquelle elle attend du gouvernement l'application du plan d'urgence dont la principale mérite serait d'attirer vers le pays davantage d'investissements et des compétences.
Ci-joint in extenso les quelques réactions des auditeurs de cette émission.