Des nouvelles perspectives pour la « MCDEM » Maison des Congolais de l’Etranger et des Migrants, une année après son implantation en RD Congo.
Une année entière après l’implantation en RD Congo du mécanisme institutionnel d’information et d’assistance à la diaspora congolaise qu’est la MCDEM, il relève quasiment d’un défi pour les différentes composantes de l’environnement social de ce projet (pouvoirs publics, partenaires et/ou sponsors, société civile, secteur privé, collectivités territoriales, familles et les congolais de la diaspora eux-mêmes), de se prêter à l’expectative, de s’ouvrir à des nouvelles hypothèses ou éventualités, autant qu’à la succession d’événements qui se présente comme probable ou possible.
Les dynamiques migratoires futures (avec le changement démographique comme modèle fondamental) , la recherche constante de la part des politiques publiques occidentales, d’une vraie capacité d’action sur des phénomènes migratoires, l’implication institutionnelle accrue dans la région de l’Afrique centrale comme en occident du reste, d’acteurs divers (publics et privés, nationaux, internationaux et transnationaux) dans le dispositif de gestion de ces phénomènes, de même que l’importance des moyens et/ou ressources mobilisés à cet effet, sont autant des raisons qui devraient justifier cette expectative et partant, imposer une nouvelle manière de considérer les migrations.
Cependant, cette ouverture ne saurait être entièrement bénéfique si l’ensemble d’acteurs impliqués dans la gestion des migrations (dans les pays d’accueil, pays de transit et pays d’origine) ne scrutent pas conjointement des nouveaux chalenges qui s’ouvrent à la pensée et à l’activité migratoire. Le plaidoyer en cours, sur le site web de la MCDEM et auprès de nouveaux potentiels bailleurs de fonds, en faveur de l’élaboration d’un document de stratégie de mobilisation de la diaspora congolaise pour le développement de la République Démocratique du Congo procède de cet impératif. Ceci justifie également l’engagement de la MCDEM dans une dynamique prospective dans ce sens, en ce début de l’an 2 de son existence. En effet, après une année entière de vulgarisation des activités, de sensibilisation sur les risques de la migration irrégulière et d’expérimentation de l’exploitation des opportunités locales de lutte contre la pauvreté, comme une alternative au recours à cette nouvelle forme de mobilité humaine dont l’une des caractéristiques principales demeure l’intériorisation des risques, une nouvelle ère s’ouvre au sein de la MCDEM. C’est celle :
1. du partage des connaissances et d'apprentissage (il s’agit essentiellement de partager les informations sur les différents moyens par lesquels la MCDEM entend soutenir la diaspora congolaise – et de profiter de l'occasion pour être à l’écoute de cette dernière par rapport à ses attentes vis-à-vis de la MCDEM et du gouvernement, en termes d’appui qui devrait la mobiliser davantage et l‘engager activement dans les efforts de développement du pays, de la région et du continent). Ceci aurait pour avantage d’une part, de présenter les témoignages(expériences) des congolais de l’étranger qui ont réussi dans leur pays d’origine comme un moyen de convaincre d’autres à suivre cet exemple, et d’autre part, d’inciter les sceptiques parmi les migrants illégaux à adhérer par exemple au programme d’aide au retour. Un « quado » parti de Kinshasa vers la Suisse pour exercer le même métier qui, après 10 ans, est revenu au pays avec des machines et a créé une pneumatique au Rond point Molaert, n’est-il pas mieux placé qu’un politicien, pour convaincre à l’aide de son témoignage, ses concitoyens à retourner au pays pour y participer au développement ?
2. de l’exploration de nouvelles approches notamment l’accompagnement de promoteurs privés d’investissements économiques, l’appui au développement local dans les régions d’origine des migrants, la mobilisation de la diaspora scientifique et technique, la facilitation et la capitalisation de transfert de fonds, etc.
- L’accompagnement de promoteurs privés d’investissements économiques :
A travers ce mécanisme, recourant à des opérateurs privés, les promoteurs pourront être accompagnés à quatre niveaux : a) Conseil à la conception et au montage des projets : bilan professionnel, étude de faisabilité, étude de marché, étude technique, étude architecturale, business plan ; b) Accompagnement dans la recherche de financement ; c) Renforcement des capacités adapté au secteur d’intervention envisagé, à la gestion ou à la comptabilité en fonction des besoins exprimés et identifiés ; d) Actions de suivi pendant une durée d’au moins 12 mois en faveur du porteur du projet.
- L’appui au développement local dans les régions d’origine
L’objectif est de soutenir la mise en œuvre de projets de développement à caractère collectif, initiés par les congolais de l’étranger ou les associations de ressortissants établis à l’étranger et partagés avec les populations des zones d’origines.
- La mobilisation de la diaspora scientifique et technique
L'élite de la diaspora sera mobilisée pour appuyer les structures publiques ou privées congolaises dans ce domaine. Cet accompagnement consistera à financer la mobilité des experts identifiés. Face au décalage technologique, l’acquisition de l’équipement indispensable à la conduite de leur mission nécessitera parallèlement un financement.
- La facilitation et la capitalisation de transfert de fonds
La capacité de la migration à produire de la richesse est incontestable et en partie bien connue. Il est également admis que les transferts de fonds contribuent à la réduction de la pauvreté de certaines familles par une augmentation de leurs revenus extérieurs. Ils apparaissent plus stables que les investissements financiers directs, car ils ignorent l’instabilité ou la mauvaise gouvernance du pays. Ils se basent essentiellement sur des relations sociales, sur l’affection et l’attachement à la famille d’origine de la part du migrant.
Il peut donc être question dans ce cas, de proposer aux migrants de quelle manière le gouvernement congolais peut favoriser le transfert et aider les familles à capitaliser les fonds reçus.
D’autres actions peuvent concerner aussi bien la création d’une plate forme commune pour l’établissement d’un dialogue migratoire entre les pays de l’Afrique Centrale, que les actions de lobbying pour la ratification de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles.
Un tel dispositif pourra avoir notamment pour mérite, l'appui et la facilitation des:
a) efforts en cours de la diaspora par le biais d'un mélange de stratégies de participation, de placements à court, moyen et long terme; de retour et maintien en poste, ainsi que de partenariats institutionnels et de réseaux ; b) gouvernements dans la création des environnements favorables, y compris des politiques opérationnelles, des lois contenant expressément des facilités pour la diaspora à fournir des produits et des services ; c) entreprises et réseaux de promotion de l'investissement par le biais de mécanismes permettant l'accès de fonds de développement à la diaspora et aux pays d'origine partenaires ; d) partenaires, comme la Banque Africaine de Développement à soutenir un Fonds d'investissement pour la diaspora fondée sur les initiatives mondiales qui exploitent les avantages des envois de fonds par la diaspora. Une activité immédiate pour favoriser le lancement de ce nouveau dispositif sera « une foire ou un festival de la diaspora congolaise, comme un des éléments de soutien de cette nouvelle stratégie de la MCDEM)