Avec
l’accompagnement technique de l’Organisation Internationale
pour les Migrations (OIM), le Ministère des Affaires
Etrangères par le biais de la MCDEM, l’Ambassade
de Grande Bretagne en RDC, l’Asbl « CRAIES »
et l’Espace culturel « WAATO BALALA » ont
procédé à la distribution des DVD du
film « TOSA MIBEKO » ou « RESPECTEZ LA LOI
» respectivement à Kinshasa, Lubumbashi, GOMA
et MATADI, du 23 décembre 2009 au 25 janvier 2010.
Cette
activité a pour but d’éveiller la conscience
de la population congolaise, par l'intermédiaire des
leaders de la société civile (ONG, églises,
institutions d’enseignement, syndicats, secteur privé,
corporations professionnelles, collectivités territoriales,
etc.), sur les risques de la migration irrégulière
et présenter les bénéfices de la migration
régulière. Elle a également pour objectif
d’attirer l’attention des candidats à la
migration irrégulière sur les possibilités
de vaincre la pauvreté en exploitant une activité
génératrice de revenus en RDC. Il sied de mentionner
aussi la volonté d’impliquer de manière
active la société civile dans cette campagne.
Elle s’inscrit donc dans la continuité de la
campagne de sensibilisation et d’information lancée
officiellement le 17 février 2009 au siège de
la MCDEM.
A
Kinshasa, trois activités ont été réalisées
avec succès : La première, le samedi 23 décembre
2009, au quartier «Sainte Thérèse»,
dans la commune de N’DJILI, avec environ 1450 participants
en plus des agents de la MCDEM et des professionnels locaux
des médias écrits et audiovisuels ; La deuxième,
le 28 décembre 2009 à la place des artistes,
en plein quartier MATONGE, dans la commune de KALAMU, avec
environ 1510 participants ; La troisième, à
l’Université Pédagogique Nationale (UPN),
dans la commune de NGALIEMA, le 29 décembre 2009, à
l’intention de 1490 participants.
Plusieurs autres ONG se sont résolument
impliqués dans cette campagne, en plus de l’Asbl
« CRAIES » et de l’Espace culturel «
WATOBALABALA ». Il s’agit notamment de «
DEBOUT FUNA », « UNION DES JEUNES de BUMBU »,
« LE BAOBAB », « UNITE LEMBA », «
TOUT BANDAL » et « ECURIE MUTSHANGA ». Toutes
ces ONG ont reçus au moins un carton de 220 DVD du
film « TOSA MIBEKO » pour poursuivre cette campagne
auprès de leurs bases respectives. Elles ont exprimé
la volonté d’organiser des réunions spéciales
sur le thème « migration » au cas où
elles seraient soutenues dans ce programme.
Au cours de cette campagne les questions
suivantes ont été le plus posées : le
but du financement de cette campagne par la Grande Bretagne
; les efforts jusque là fournis par le gouvernement
pour lutter contre la principale cause de la migration «
pauvreté - désespoir de voir son existence changer
un jour à l’échelle d’une vie »
; les mesures prises par les Ambassades, celle de la Grande
Bretagne en particulier, pour rendre l’obtention de
visas
facile ; les
raisons pour lesquelles l’obtention d’un passeport
est difficile en RD Congo ; la nature des supports utilisés
dans cette campagne en dehors du film « TOSA MIBEKO
», en raison de l’incapacité pour le plus
grand nombre de se procurer un lecteur DVD ou une télévision.
C’est dans cet ordre d’idées qu’il
a été suggéré la présentation
du film sur un support VCD ou VHS. Ces questions sont revenues
quasiment dans toutes les réunions.
La campagne s’est
poursuivie à l’Université de Lubumbashi
où 1982 DVD et CD ont été remis aux étudiants
qui ont voulu entre autres savoir : le pourquoi du choix de
la Grande Bretagne comme pays d’illustration ; les causes
de la migration en RDC ; les actions menées par le
gouvernement et ses partenaires pour réduire la pauvreté,
etc.
En guise de réponse, le soutien de
la Grande Bretagne à la RDC dans le renforcement des
capacités en matière de gestion de la migration
et dans la sensibilisation a été souligné.
Aussi, les conséquences de la migration traversant
les frontières et aucun n’Etat ne pouvant à
lui seul résoudre les questions soulevées par
la migration, une coopération s’impose. Au demeurant,
pour des raisons didactiques, il a été relevé
la difficulté de présenter un documentaire sur
tous les pays à la fois. Pour lutter contre la cause
de la migration, il a été mentionné l’assistance
accordée dans le cadre du projet MCDEM, aux femmes
vulnérables de Kinshasa, afin de stimuler les potentiels
migrants à exploiter les opportunités locales
au lieu de se risquer dans une aventure migratoire sans lendemain.
Avec
le concours des ONG de Goma, dans la province du Nord Kivu,
des activités similaires à celles de Kinshasa
et de Lubumbashi ont été réalisées
du 8 au 11 janvier 2010. Le bureau de l’OIM –
Goma a aussi été impliqué dans la campagne.
En plus de la réunion d’évaluation de
la phase préparatoire et du briefing avec le bureau
de l’OIM/Goma, une campagne de sensibilisation et de
distribution a été organisée dans la
soirée à l’esplanade du stade de l’Unité,
en collaboration avec l’Asbl « YOLE AFRICA ».
660 DVD et 660 CD ont été
remis au bureau de l’OIM–Goma pour poursuivre
la campagne à différentes occasions et à
l’intention de leurs visiteurs à la recherche
des informations sur la migration.
La campagne s’est poursuivie le lendemain,
au siège de l’Asbl « YOLE AFRICA »
à l’intention de jeunes artistes de différentes
disciplines. 1320 DVD et 880CD ont été distribués
à l’occasion. Une réunion préparatoire
été organisé le dimanche avec 22 leaders
de l’ONG COREX qui œuvre dans le secteur du tourisme
et de l’hôtellerie. Ces derniers ont été
sensibilisés sur l’importance de l’implication
de leur plate forme dans cette dynamique. A l’issue
de cette réunion chaque participant a reçu un
DVD et un CD.
En
accord avec la Division Urbaine du tourisme/Nord Kivu et l’ONG
COREX, la sensibilisation et la distribution des DVD et CD
s’est poursuivie à l’hôtel Mulinga,
lors de l’élection Miss Goma, où une séquence
du film a même été projetée avant
la distribution et le jeu questions réponses. Une dernière
activité a été organisée au marché
BIRERE, dans la commune de Goma.
Les autorités locales ont trouvé l’activité
originale et importante pour leur population. Elles ont sollicité
et obtenu que la campagne se poursuive pendant un mois et
dans divers milieux du fait de l’isolement de la ville
de Goma sur plan informationnel et de l’ignorance de
leur population sur ce qui se passe généralement
à Kinshasa.
A Goma, les
questions de participants se sont focalisées plus sur
des aspects politiques de la migration. C’est ainsi
qu’il a été noté des questions
relatives aux efforts du gouvernement pour stabiliser la région
et garantir le développement de la province ; l’assistance
aux congolais en situation irrégulière de la
part du gouvernement ou des ambassades accréditées
en RD Congo. Les animateurs de la campagne ont précisé
que ce n’était pas le bon cadre pour traiter
des questions à caractère politique. Les avantages
de la migration régulière et les conséquences
de la migration irrégulière ont cependant été
simplement soulignés.
La
dernière étape de la campagne était la
ville de Matadi, du 13 au 16 janvier 2010. Trois activités
ont été réalisées : la première
dans la salle de l’alliance franco-congolaise, en présence
du représentant du gouverneur de province du Bas-Congo,
à l’intention de leaders des ONG de Matadi, avec
516 DVD remis aux participants ; la deuxième en présence
du conseiller du gouverneur en charge des questions de coopération
internationale, au centre culturel LIAK LIKUMBI (carrefour
des artistes) à l’intention de 764 artistes du
Bas-Congo ; la troisième au CENTRE de JEUNES DE MINKONDO,
à côté d’un marché du même
nom.
La solution pratique contre la cause de la
migration irrégulière est restée comme
dans d’autres villes d’ailleurs, la principale
préoccupation de la quasi-totalité d’intervenants.
Les artistes ont milité pour la présentation
des documents en langues locales et pour leur implication
dans la conception et la création prochaines de supports
pour plus d’impact.
La présente campagne de sensibilisation et de distribution
des DVD du film « TOSA MIBEKO » est une expérience
inédite, novatrice et une première en République
Démocratique du Congo, car jamais un support audiovisuel
n’a été distribué gratuitement
aux participants d’une campagne de sensibilisation
sur les risques de la migration irrégulière.
Aussi, rares sont les campagnes qui ont réalisé
une telle synergie d’acteurs/leaders et d’intérêts
sociaux autour du problème de migrations irrégulières.
Plusieurs acteurs de la société
civile congolaise ont participé activement à
ce programme, et se sont engagés dans la mesure de
leurs moyens à le poursuivre dans leurs milieux d’action
respectifs. Ceci, sans compter les étudiants, les parents,
les églises qui continuent à adresser des demandes
à l’OIM pour l’organisation de nouvelles
campagnes à l’intention de leurs membres.
Plusieurs
témoignages et remerciements ont été
enregistrés, surtout de la part des parents et des
animateurs des ONG pour louer cette initiative qui est venue
à la fois conscientiser la population et bousculer
les idées reçues ainsi que les fausses assurances
ci-dessous en matière de vie à l’étranger,
en dépit de quelques cas d’intégration
réussie qui font la fierté de la diaspora congolaise
:
- L’aridité de la vie clandestine à l’étranger
par rapport à l’idée que l’on se
faisait de « l’eldorado »;
- Le coût élevé de la vie en Europe par
rapport au bas niveau de vie et aux opportunités dans
le pays d’origine ;
- le manque de solidarité et de chaleur humaine, etc.