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Travaux de Construction du Centre des Jeunes de Katuba

 

 

 

***Lancement de la campagne de sensibilisation contre les risques des migrations irrégulières par la Maison des Congolais de l'étranger et des Migrants dans toutes les Provinces de la RDcongo***

Exposé de la MCDEM lors de la « conférence de presse » animée par Maitre David LELU, chef de Projets.

Depuis un certain temps ; le problème de migrations et du développement est devenu un phénomène mondial ; de l'Afrique en Europe ; d'Amérique en Asie on ne cesse de parler des migrations.

La commission européenne, par exemple, propose de nouvelles initiatives pour améliorer l'incidence des migrations sur le développement. Elle suggère un ensemble de mesures concrètes destinées à faciliter l'envoi de fonds vers les pays d'origine, promouvoir l'encouragement du rôle des diasporas implantées dans les États membres comme acteurs de développement des pays d'origine, renforcer la migration circulaire, inciter au retour dans le pays d'origine, et enfin atténuer l'incidence négative de la fuite des cerveaux.

Les diasporas intègrent un capital humain, financier et social utile au développement de leurs communautés dans les pays d'origine. Les pouvoirs publics ont un rôle crucial à jouer tant pour acheminer les initiatives, l'énergie et les ressources de la diaspora vers l'économie et la société que pour créer des liens institutionnels entre la diaspora et les activités socio-économiques du pays hôte. Les communautés transnationales créent et renforcent les liens multisectoriels entre les pays d'origine et les pays de destination. La gageure pour les décideurs de pays développés, ou en développement, consiste à créer un climat ou des mécanismes porteurs et favorables aux apports de la diaspora et de migrants au développement.

Les diasporas regroupent un capital humain et financier utile au développement économique et social de populations de pays hôtes. Tout comme les migrants temporaires, les grandes diasporas ont contribué au développement de leurs pays d'origine par l'envoi de fonds et la gestion d'affaires sur leurs territoires. De nombreux membres des diasporas travaillent dans des secteurs d'une importance capitale pour leur pays d'origine, où ils acquièrent les connaissances nécessaires pour implanter et gérer leurs propres entreprises. Ils ont également l'avantage de se sentir à l'aise, aux plans culturel et économique, à la fois dans leur pays d'origine et dans les pays hôtes. Dans le pays hôte, les communautés de diasporas peuvent également influencer les processus économiques et politiques en faveur de leur pays d'origine.

A titre d'illustration, nous pouvons citer le cas de la diaspora africaine sans ignorer les mérites d'autres diasporas notamment, celle libanaise établie en RD Congo.

En effet, les diasporas africaines jouent un rôle non moins important dans les efforts du développement local dans leurs pays. Leurs actions sont remarquables dans les activités d'économie sociale où les associations diasporiques prennent des initiatives seules ou en partenariat avec des mouvements associatifs du Nord.

C'est le cas par exemple, de l'engagement volontaire formel des émigrants dans les activités de développement économique, social et culturel de leurs localités ou régions d'origine. Il peut s'agir d'expédition de biens en nature, de transferts de fonds « institués » (des retenues sur salaire effectuées par les services sociaux de retraites, d'allocations familiales, etc.). Ces apports de la diaspora peuvent représenter une source appréciable de financement. On a constaté que, dans certains pays africains, les contributions des émigrés en France ont « dépassé l'aide publique au développement octroyée par le pays hôte » (Dembélé, 2001 : 242).

Dans les années 1990, pour le Sénégal, les chiffres étaient de 132 millions dollars chez les immigrés et de 250 millions de dollars pour l'aide publique française. Les transferts des immigrés du Mali en France se chiffraient à 25 millions de dollars et l'aide publique française à 93 millions.

Pour la Côte-d'Ivoire, la part de sa diaspora était de 21 millions de dollars alors que l'aide publique de la France s'élevait à 305 millions (Condamines, 1993). Ces apports peuvent se comparer favorablement à certains postes de la balance commerciale de certains pays. Ainsi, pour le Sénégal par exemple, en 1994, les envois de ses ressortissants en France étaient au même niveau que les exportations des produits d'arachides.

Dans de nombreuses localités de la plupart des pays africains, les envois des diasporas constituent la seule et souvent l'unique source de revenu des individus et des familles (Dembélé, 2001 : 243).

S'agissant de la diaspora congolaise, il convient de relever qu'il n'est pas aisé de produire des données sur le montant des fonds envoyés par les émigrants congolais. Cette difficulté provient du fait que la revue de la littérature sur ce sujet ne donne que des analyses qualitatives et rarement des données chiffrées se déroulant sur plusieurs années. D'autre part, même les sources de données comme le site de la Banque mondiale ( www.worldbank.org ) et celui de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) ( www.unctad.org ) présentent des vides en ce qui concerne les données sur les transferts des fonds de la diaspora congolaise. Par ailleurs, vers la RDC , il est admis que les transferts de fonds qui se font par des canaux informels et donc, non documentés, seraient beaucoup plus importants que les transferts de fonds officiels enregistrés par les canaux formels.

Selon les données statistiques disponibles concernant les transferts officiels enregistrés par la Banque Centrale du Congo en 2004, les fonds entrants se sont élevés à 96 820 000 USD tandis que les fonds sortants de la RDC étaient de l'ordre de 40 910 000 USD ( De Bryun et al. 2006).

Selon la Banque Centrale, le contrôle effectué à partir des données statistiques disponibles révèle un flux global de transferts entrant de 130 308 838 USD contre 67 624 496 USD de transferts sortants, soit un flux net de 62 684 342 USD en faveur du pays en 2007, représentant le double des flux nets enregistrés en 2006 et le triple de ceux de 2005.

En dépit de cela et d'une façon générale, dans la plupart des pays, la migration internationale n'a pas, pour l'essentiel, été intégrée à la planification du développement. Malgré la proposition selon laquelle la migration internationale est d'un apport essentiel au développement des pays d'origine et de destination.

S'agissant de la République démocratique du Congo, il y a lieu de constater qu'elle a déjà marqué quelque pas vers une meilleure gestion du phénomène migratoire, en considérant qu'elle constitue une ressource supplémentaire pour son développement.

Ces pas sont notamment :

•  Le renforcement des capacités de la Direction Générale de Migration. (DGM). Ce service bénéficie depuis 2006 grâce à l'apport de bailleur des fonds et de l'expertise de l'Organisation Internationale pour les Migrations de l'informatisation de ses postes frontières et de la formation de ses agents. la DGM s'est vu doter des lecteurs de passeport, d'un server central, de bâtiments et postes d'enregistrement de migrant rénovés etc.

•  La délivrance de passeport biométrique, pour lutter contre la fraude ;

•  L'organisation des assises des congolais de l'étranger qui était une occasion pour réfléchir sur les pistes à exploiter pour faire participer activement la diaspora congolaise au développement de son pays d'origine mais aussi pour qu'elle bénéficie davantage du soutien du gouvernement ;

•  et à l'issue de ces assises, plusieurs recommandations ont été formulées notamment celle de créer un cadre permanant d'assistance aux migrants comme à la diaspora, matérialisée aujourd'hui par la MAISON DES CONGOLAIS DE L'ETRANGER ET DES MIGRANTS « MCDEM en sigle  ».

Au sujet de la MCDEM, elle a été ouverte au public depuis le 9 février 2009. Vous vous posez sûrement la question de savoir qu'a-t-elle déjà réalisée ?

Avant de répondre à cette interrogation, il sied de rappeler que la MCDEM est un projet du gouvernement congolais, présenté par le Ministère des Affaires Etrangères, je dirai encore mieux, par Son Excellence Colette Tshomba, Vice-ministre en charge des congolais de l'étranger. Pour samise en œuvre, ce projet bénéficie du financement de la Confédération Helvétique et de l'expertise technique de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). L'OIM est donc l'agence d'exécution dudit projet.

La mission essentielle de la MCDEM est d'assister les migrants, principalement les congolais et accessoirement les migrants d'autres nationalités.

Depuis le 9 février 2009, la MCDEM a :

•  rendu service à plus de cinq mille migrants, dont certains se sont présenté au siège de la MCDEM, d'autres via le site internet www.mcdem.cd et d'autres encore vers lesquels l'équipe MCDEM s'est rendu. Le service rendu consiste soit à la fourniture des infirmations relatives aux procédures d'obtention des visa ou autres documents de voyage, informations relatives aux opportunités d'études à l'étranger, marché d'emploi à l'étranger, accès au soin de santé à l'étranger, regroupement familiale, conditions et opportunités d'investir en RDC, la procédure douanière etc.

•  organisé des campagnes de sensibilisation et d'information, sous forme de réunion de travail ou de campagnes populaires, sur les risques de la migration irrégulière, les avantages de la migration régulière et sur la migration de développement (capitalisation de la migration). Ces campagnes se sont tenues à Kinshasa, à Lubumbashi et à Matadi. Les autres provinces qui recevront prochainement l'équipe de campagne de la MCDEM, sont déjà sensibilisées par la magie des médias, car plus de trois mille personnes ont participé directement à nos campagnes ;

•  sensibilisé particulièrement un groupe de cent femmes sur les risques de la migration irrégulière. Ces 100 femmes ont aussi été formées en création et gestion des micros entreprises. Ces 100 femmes ont bénéficié à la fin de leur formation d'un financement en vue de la création de leurs propres micros entreprises, pour lesquelles elles reçoivent un accompagnement technique ;

•  informé et sensibilisé un autre groupe de 60 femmes retenues pour participer à la 53 ème session de la Commission de la condition de la femme à New York, sur les risques de la migration irrégulière ;

•  assisté particulièrement, le membre de la diaspora congolaise en fournissant les informations nécessaires pour investir en RD Congo.

•  identifié les congolais de l'étranger ayant investi en RDC afin non seulement de les encourager et de présenter leur témoignage aux autres qui hésitent encore, mais aussi d'établir un contact permanant avec eux, en vue d'un éventuel soutien dont ils pourraient avoir besoin ;

•  Créé un site web d'information et de sensibilisation sur la migration : www.mcdem.cd . Et organisé sur ce site, un forum d'échanges sur les grandes questions relatives à la migration ;

•  Lancé une enquête pour définir le profil migratoire de la RD Congo ;

•  Abrité les travaux du Groupe de Travail Technique National(GTTN) et ceux de l'Atelier National de planification pour le développement de politiques stratégiques ;

•  Mené plusieurs des études pour établir notamment l'incidence des titres d'identité sur la migration, le rapport entre la migration et la politique étrangère, la migration et le développement économique de l'Afrique ; l'information et la migration, etc.

Pour l'avenir, la MCDEM :

•  Poursuivra les activités ci-haut citées ;

•  Implantera, avec le soutien des autres bailleurs de fonds, des représentations provinciales ;

•  Constituera la banque de compétences de la diaspora congolaises ;

Retenons en conclusion et au regard de ce qui précède, qu'il apparait plus que nécessaire de consolider ces acquis et d'encourager les efforts ainsi fournis par le Gouvernement. C'est à ce titre que la MCDEM invite ses partenaires de la presse à se joindre à ses efforts pour qu'ensemble et surtout à travers leurs émissions et publications, ils puissent :

•  Induire une prise de conscience par la diaspora congolaise de l'importance du rôle qu'elle est appelée à jouer dans le processus de reconstruction et/ou du développement de la RD Congo. Elle doit pour cela commencer par reconnaitre que des efforts sont entrain d'être fournis pour les assister et « faire de leur migration un véritable vecteur de développement pour leurs pays d'accueil, pour la RD Congo et pour eux-mêmes » ;

•  Permettre à la diaspora congolaise d'avoir davantage confiance aux institutions et/ou mécanismes (parmi lesquels, la MCDEM) mis en place (ou à mettre en place) pour ce faire, par leur gouvernement et ses partenaires ;

•  Encourager le gouvernement de la RD Congo à prendre des mesures incitatives en vue de favoriser la mobilisation et la participation en cours de la diaspora congolaise à l'effort de reconstruction de leur pays. Nous pensons notamment à l'adoption de la double nationalité, à la suppression de visas d'entrée pour les membres de la diaspora congolaise, à l'abandon progressif des barrières tarifaires, à la suppression des entraves à la libre création des entreprises par les membres de la diaspora congolaise, aux incitations de ces dernier à investir dans le capital physique et les ressources humaines, etc.

 

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